Le fait d’interdire toute discussion du texte sacré a toujours servi aux religieux de prétexte pour garder un pouvoir sur le reste de la société. Ils ont fait de leurs interprétations du texte sacré l’équivalent de ce texte lui-même et ont transformé le Coran en instrument de domination politique.


La personne découvre ainsi sa propre vérité non seulement en plongeant en lui-même mais également de façon inverse en sortant de lui-même pour aller à la rencontre de l’autre et confronter ses idées avec les siennes. Le vrai se découvre au bout de ce double effort, constamment renouvelé : plongée en soi, sortie de soi. Et dans les deux cas, le maître mot reste le dialogue : dialogue avec sa propre conscience spirituelle, dialogue avec autrui.


Al Ashari, au IIIe siècle de l’Hégire, précisera ainsi qu’il faut bien distinguer entre « l’attribut divin de la parole », qui est éternel, et le Coran qui est une « énonciation » de cette parole à une période donnée.


Chacune des différentes stations de la prière rituelle exprime d’ailleurs un certain état de la présence divine. La station debout est la permanence de Dieu au-dessus du temps et de l’éternité, la station penchée la descente de Dieu vers les mondes, la station de prosternation est la concentration de Dieu dans chaque être créé, la station assise est la contemplation sereine de Dieu par lui-même dans la totalité des êtres issus de lui. Lorsque l’homme prie, il réalise tous les gestes que Dieu accomplit lui-même en lui-même. L’homme est alors établi dans le divin.