Les inversions et les perversions, les violations de la loi morale, les négations du bien et du mal, sont considérées comme des moyens de se donner une individualité, pour trouver un succédané d’individualité : tentatives de se distinguer par l’extravagance, de se distinguer face aux autres, et en effet perversions, extravagances et actes gratuits ne se font pas autant qu’ils ne se font savoir : on écrit même des livres destinés à faire savoir ses propres inversions et perversions.


Cette époque est avide de Dieu ; elle le cherche sous tous les noms et les mythes les plus divers, et voudrait le trouver dans son expérience la plus directe. C’est ici précisément qu’il faut le lui faire trouver ; et c’est précisément la tâche du chrétien. Le lui faire trouver dans le témoignage, au cœur de l’expérience quotidienne, de témoins visibles, qui, par leur vie, le montrent, le fassent voir présent, opérant, aimant, aimé, comme la Présence la plus présente et la plus réelle, la plus salvatrice, dans la trame des actions ou des vies à sauver, c’est-à-dire à aimer en Dieu.


Que signifie rester fidèle à sa parole, sinon que la volonté se proclame indépendante et libre de toutes les nécessités de la vie, de tous les événements, de tout le temps, se proclame supérieure au temps, en tant qu’elle déclare qu’elle restera fidèle à elle-même, qu’elle restera attachée fixement à un point, dans le concret, justement où toutes choses ne font que passer ?