Si à partir de 14 ans, les jeunes ne sont pas aidés de manière insistante et systématique, pendant quatre ou cinq ans, à distinguer le rapport entre le donné (« la tradition ») et la vie, leurs nouvelles expériences créent les prémisses propres à leur faire assumer l’une des trois attitudes ennemies du christianisme : a) l’indifférence qui leur fait ressentir tout ce qui n’entre pas en contact direct avec l’expérience comme abstrait, b) le traditionalisme dans lequel les meilleurs d’entre eux ou les moins vifs se retranchent avec rigidité pour ne pas regarder ce qu’il y a dehors et laisser troubler leur foi, c) l’hostilité, car un Dieu abstrait est certainement un ennemi, dont on peut au moins dire qu’il fait perdre du temps.


Une génération d’adultes privée de convictions ne peut que transmettre ses propres peurs et ses propres attentes déçues, en jetant les jeunes dans une crise marquée par le désarroi, l’incertitude et le conformisme.


On ne construit que sur quelque chose de sûr ; on ne peut éduquer qu’en communiquant la part de vérité qui est déjà devenue expérience dans notre vie.