A tous les privilégiés de l’intelligence, de l’éducation, de la fortune, M. de Vogüé rappelle que leurs premiers devoirs sont envers les humbles et les déshérités et convie les bonnes volontés de tous partis, de toutes confessions, de toutes philosophies, à communier dans “la religion de la souffrance humaine”.


Non, ces hommes ne sont pas des brutes, et les Français moins que tous autres : mais ce sont souvent des timides et des méfiants ; la cordialité les ouvre, la brusquerie les referme. Ils aiment qui les aime. Il suffit d’avoir été mêlé plus intimement, par la force des circonstances, à ces braves gens, aux grandes manoeuvres, en colonne, au bivouac, pour savoir quelle capacité de dévouement ils renferment, de quelle sollicitude affectueuse ils entourent l’officier qui a gagné leur confiance, quelle gratitude ils lui témoignent, non en paroles, mais en regards et en faits, s’ils le voient partager sans atténuation leurs privations et leurs fatigues.


Apprenez-leur aussi que sur les ruines des hiérarchies disparues, la nécessité sociale de la discipline, du respect et de l’abnégation ne cessera pas d’être, – et que l’armée sera toujours la meilleure, sinon la seule école, où s’apprendront ces vertus.