Une nation est née d’une tragédie unique et absolue ; un peuple a été écrasé, opprimé par une victime que l’immensité de ses blessures, physiques et psychologiques, avait rendue aveugle à la souffrance des autres.


Les pays musulmans sont passés maîtres dans l’exploitation du sentiment de culpabilité des anciennes puissances coloniales, devenu un élément classique de leur diplomatie. L’Etat d’Israël ne s’est pas privé d’utiliser à ses fins la culpabilité du continent européen dans les crimes historiques de l’antisémitisme et, par-dessus tout, de la Shoah.


La France est un pays jacobin, où la laïcité est elle-même devenue une religion. L’identité musulmane, lorsqu’elle comprend le port du foulard, s’affiche forcément, dans ces conditions, comme une menace envers la société civile.


Le relativisme culturel absolu – l’idée que chacun peut faire ce qu’il veut, sans limites – est un danger aussi grand que l’intolérance, car il conduit à une sorte de neutralité cynique et à la perte de tout principe.


Il n’est de sol plus fertile que l’ignorance de sa propre culture et de sa propre religion pour les interprétations les plus extrémistes, les perversions les plus radicales et, in fine, pour l’enseignement de la haine.


L’espoir et la confiance sont d’abord un état d’esprit. Sur le point d’être arrêté par les nazis dans Paris occupé, l’auteur dramatique et humoriste Tristan Bernard eut ces mots, s’adressant à sa femme : “Jusqu’à présent nous avons vécu dans la peur, désormais nous allons vivre dans l’espoir.”