Bonheur de tranquillité. L’homme heureux est celui qui pensera, sentira et désirera le moins.

Bonheur de plaisir. L’homme heureux est celui qui saura savourer le plus complètement l’instant qu’il tient entre les mains.

Bonheur de croissance. L’homme heureux est celui qui, sans chercher directement le bonheur, trouve inévitablement la joie, par surcroît, dans l’acte de parvenir à la plénitude et au bout de lui-même, en avant.


Les trois temps de la personnalisation

  1. Centration. Non seulement physiquement, mais intellectuellement et moralement, l’homme n’est Homme qu’à condition de se cultiver. Etre, c’est d’abord se faire et se trouver.
  2. Décentration. Nous ne pouvons progresser jusqu’au bout de nous-mêmes sans sortir de nous-mêmes en nous unissant aux autres, de façon à développer par cette union un surcroît de conscience. De là les urgences, de là le sens profond de l’amour qui, sous toutes ses formes, nous pousse à associer notre centre individuel avec d’autres centres choisis et privilégiés, – l’amour, dont la fonction et le charme essentiels sont de nous compléter.
  3. Sur-centration. Non plus seulement se développer soi-même, ni même seulement se donner à un autre égal à soi, mais encore soumettre et ramener sa vie à un plus grand que soi.

Autrement dit, être d’abord. Aimer ensuit. Et, finalement, adorer.


Nous ne devons pour être heureux faire des actions remarquables, extraordinaires, mais seulement, ce qui est à la portée de tous, que, devenus conscients de notre solidarité vivante avec une grande Chose, nous fassions grandement la moindre des choses. Ajouter un seul point, si petit soit-il, à la magnifique broderie de la Vie ; discerner l’Immense qui se fait et qui nous attire au coeur et au terme de nos activités infimes ; le discerner et y adhérer : tel est, au bout du compte, le grand secret du bonheur.


L’un à l’autre, vous êtes offerts comme un champ indéfini de compréhension, d’enrichissement, de sensibilisation réciproques. C’est donc par une pénétration et un échange constant des pensées, des affections, des rêves, de la prière, que vous vous rencontrerez surtout. Là seulement, vous le savez, dans l’esprit à travers la chair, n’existent ni satiété, ni déceptions, ni limites.


La véritable union différencie dans la mesure même où elle rapproche. Elle est une incessante découverte et une continuelle conquête.


Seul l’amour, pour la bonne raison que seul il prend et joint les êtres par le fond d’eux-mêmes, est capable d’achever les êtres, en tant qu’êtres, en les réunissant.