La personne se réalise pleinement et se découvre en tant que personne, non par l’affirmation de soi, mais par le don de soi.


Ceux qui cherchent dans le mariage l’accomplissement de leur vocation humaine et chrétienne sont appelés à faire de cette théologie du corps dont nous trouvons l’origine dans la Genèse la substance même de leur vie et de leur comportement.


L’expérience de la solitude fait ainsi naître dans la conscience humaine une soif de se donner et en même temps une souffrance de ne pouvoir assouvir cette soif. Se découvrir seul creuse en lui le besoin et l’aspiration profonde de son être au don de lui-même à une autre personne semblable à lui.


C’est parce que l’homme et la femme se perçoivent différents spirituellement, affectivement, psychologiquement, somatiquement, sexuellement, tout en étant l’un et l’autre des personnes, qu’il peut y avoir une complémentarité et une communion.


Se reconnaître dépendant, c’est reconnaître ou accepter que l’on n’est pas son propre principe, sa propre cause ; c’est accepter ses multiples dépendances et sa première dépendance, c’est celle de la créature qui reçoit son être d’un autre. Le péché originel consiste à dire au Créateur : « Je ne dépendrai pas de Toi ; je serai moi-même la source du discernement du bien et du mal ; je ne veux pas recevoir de Toi le principe de la distinction du bien et du mal ; je veux en décider par moi-même. »


Le péché fausse le regard et introduit la désunité entre le regard et le cœur, entre l’appel du cœur à la communion des personnes et le regard qui cherche à prendre, utiliser, chosifier.


Se marier sacramentellement, ce n’est pas “se mettre en règle”, c’est se reconnaître appelé à la sainteté par le don de soi dans l’exercice de la communion des personnes.