Il n’y aura des vocations que si l’on fait tout pour qu’il y en ait, que si je m’en occupe personnellement. Je, c’est moi prêtre ou religieuse, c’est moi père ou mère de famille, c’est moi évêque ou formateur, c’est moi jeune qui réfléchis sur ma vie. Pas plus que l’annonce de l’Évangile, le souci des vocations ne se délègue.


Une civilisation qui ne lit plus devient l’esclave des slogans, des images et de toutes les tyrannies passionnelles, en attendant la tyrannie tout court. Dans la vie chrétienne et même monastique, il en est de même. Ce qui unit une communauté monastique dans l’obéissance, ce n’est pas l’intensité des liens affectifs avec les supérieurs ou des individus entre eux, mais le fait que les uns et les autres obéissent à la même règle, les supérieurs les premiers. Tous ont une norme objective qui les précède et les libère. La vérité de l’obéissance n’est pas dans l’intersubjectivité mais dans l’objectivité d’une règle commune, laquelle a une extension mais aussi des limites. La règle est garante de la liberté.


Une personne qui a donné sa vie à Dieu, dans un amour exclusif qui implique de renoncer aux joies et aux soucis d’une famille, se trouve à même d’imiter le Christ dans sa capacité d’aimer tout le monde.


Le mariage est une vocation mais il n’est pas un appel. Il est une vocation chrétienne promise à tous et qui n’a pas besoin d’un appel spécial de Dieu, que l’on devrait attendre pour être certain d’avoir à l’embrasser. Il n’y a d’appel spécial de Dieu que dans le cas des vocations consacrées.


Le célibat convient au prêtre car il correspond à ce qu’est le prêtre avant même ce qu’il fait. Le prêtre est, par son sacerdoce, configuré d’une manière spéciale au Christ prêtre livré à son peuple, au Christ célibataire parce qu’il est l’époux de l’Église, au Christ chaste parce qu’il est le modèle de l’Amour.


La prière ne change pas Dieu ; elle nous change, nous et le monde. On ne prie jamais assez.


La sainteté consiste-t-elle à s’épanouir (fût-ce en Dieu, ou en une vie supposée spirituelle) ou bien à exercer sa générosité, à se donner tout entier à la grâce, par grâce ? Se donner, c’est se fatiguer pour autrui, se perdre, se laisser crucifier comme le Christ.