Accueillir le Christ et l’aimer suppose d’accueillir et d’aimer nos frères et nos sœurs. On ne pas aller à la rencontre du Christ sans aller à la rencontre de ceux et celles qu’il nous donne.


Si vous avez ressenti le désir d’être prêtre, c’est avant tout parce que vous avez fait l’expérience de l’amour de Dieu dans votre vie. Une expérience toujours obscure et insaisissable, mais une expérience d’un chemin vers la plénitude de la vie. Vous n’avez pas choisi d’aimer Dieu, c’est Dieu qui vous a choisis et qui vous a manifesté son amour. Dieu nous aime toujours le premier.


Le surcroît d’amour dont nous avons bénéficié est un trésor. Il ne nous a pas été remis pour le confort de notre équilibre personnel ou pour la réalisation de nos capacités. Nous l’avons reçu pour le partager à tous les hommes. Nous ne sommes pas envoyés pour juger les conduites de nos contemporains ni pour les accabler. Nous sommes envoyés pour leur annoncer un chemin de vie et de salut.


Quiconque est comblé par des richesses ne cherche et n’attend rien. Quiconque est convaincu d’être juste par lui-même n’a pas besoin de sauveur. Seuls ceux qui éprouvent les manques de leur existence – qu’il s’agisse de manques matériels ou d’inquiétudes morales ou spirituelles -, seuls ceux-là sont vraiment dans l’attente et le désir d’être secourus.


Dans notre vie sociale, en famille, dans notre travail, dans nos loisirs, dans nos relations, ne cédons pas à la tentation de relations polémiques entretenues par des présentations médiatiques excessives. Devenons des artisans de paix et de réconciliation.


Comment progresserons-nous dans la foi si nous ne progressons pas dans l’intelligence de la Parole de Dieu et dans l’intégration profonde de cette Parole en notre intelligence et en notre cœur ?


Affranchi des difficultés et des menaces qui pesaient sur ses parents et, plus encore, ses grands-parents et que connaissent encore tant d’autres pays aujourd’hui sur d’autres continents, le citoyen français du XXIe siècle peut s’estimer enfin protégé du malheur autant que faire se peut et donc arrivé aux portes du bonheur. Seulement, voilà : alors que la consommation à laquelle il est incité accroît son plaisir immédiat, à la longue il n’est pas plus heureux que ses ancêtres, quelquefois plus malheureux, souvent obligé de recourir aux neuroleptiques, à l’alcool ou à la drogue, pour oublier ses frustrations et ses angoisses.


La surenchère verbale suscite et encourage la perversion de certaines dérives médiatiques qui semblent aujourd’hui confondre information et exhibition de polémiques. Beaucoup réagissent trop facilement à des citations tronquées ou même déformées. Un fonctionnement sein de la démocratie supposerait plus d’esprit critique et de sang-froid. Trop de monde espère faire tomber « le feu du ciel » sur ses adversaires. Trop de monde transforme ses adversaires en ennemis indignes de vivre ou de parler.


Ce que nous accomplissons est toujours très utile mais s’efface aussi vite que la pluie qui arrose la terre et que les traces sur le sable balayées par le vent. Ce n’est pas de cela que nous devons nous réjouir. Ce qui nous rend heureux, c’est que Dieu s’est donné à connaître, et qu’il se sert de nous, nous appelle et nous envoie pour être les témoins de cette révélation.


L’Église qui commence à prendre corps derrière le Christ montant à Jérusalem n’est pas composée des héros du monde, mais des pauvres de la terre. Elle ne rassemble pas les champions de la religion et de la morale, mais les pécheurs convertis qui se sont retournés vers Dieu en lui disant : « Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ».


Notre société occidentale, développée, capable de mettre en œuvre des projets très coûteux, de réaliser des opérations magnifiques, est aussi capable d’engendrer, par le mécanisme de l’économie aveugle, des pans entiers de populations qui sont progressivement marginalisés, déclassés, ou tout simplement découragés d’espérer participer un jour à l’œuvre commune et en recueillir quelques fruits.

Ces disparités que nous connaissons bien, nous savons qu’elles ne se bornent pas à un déséquilibre interne à nos sociétés riches, mais qu’elles s’étendent à l’échelle de l’univers du fait de l’écart qui se creuse entre pays pourvus et pays ruinés ou misérables. Il y a non seulement des gens qui ne trouvent pas leur place au sein de nos sociétés, mais encore, aux portes de l’Europe prospère, des populations entières qui vivent en-dessous du seuil de subsistance, qu’il s’agisse de la nourriture, de l’eau ou des soins les plus élémentaires.

Et que dire encore si nous n’allons pas jusqu’à reconnaître que, pour une part, cette misère est provoquée par notre prospérité ? Car c’est pour exploiter les matières premières d’un certain nombre de pays, ou en utilisant une main-d’œuvre qui ne peut pas défendre ses droits, que notre société développe ses productions les plus confortables et les plus luxueuses ! Il y a aujourd’hui dans le monde, au XXIe siècle, des hommes et des femmes qui vivent en situation d’esclavage. Nous pouvons faire une journée nationale et même internationale contre l’esclavage, mais nous ne pouvons pas fermer les yeux sur le fait que nous participons de quelque façon à l’esclavage moderne répandu à travers le monde.


Les prêtres sont ordonnés à recueillir la prière de l’Église, à la présenter à Dieu, à la stimuler, à la nourrir, à la soutenir et à lui fournir sans cesse un nouvel élan.