Un silence plein d’amour, qui entend avec charité la plainte de celui qui souffre, est souvent bien plus efficace que des paroles de consolation.


Dans l’apostolat, combien nuit un certain désir de projeter la vérité, la lumière ! C’est si souvent soi qu’on projette, sa vérité, sa lumière, son acquis… le beau cadeau, et quel encombrement ! Que voulez-vous que l’autre en fasse ? Il a ses problèmes à lui, ses questions à lui, ses expériences qui ne sont point les nôtres, il n’a que faire de tout ce dont nous le chargeons ainsi. Une réponse ne vaut qu’en face d’une question – et encore, seulement quand la question est mûre, et si l’autre est prêt à entendre ce que nous voulons lui dire. Il faut aborder le prochain dans un respect, dans un agenouillement, avec cette écoute du cœur que seul donne l’amour. C’est seulement à travers ce silence et cette transparence qu’il pourra trouver la lumière.


On ne meurt qu’une fois dans sa vie, c’est pourquoi on en a peur : on ne sait pas mourir. L’expérience faisant défaut, on risque de manquer sa mort.

Pour réussir sa mort, il faudrait pouvoir apprendre à mourir. Qui nous l’enseignera ? Qui en a fait l’expérience ? Lazare ne nous a pas laissé ses mémoire…

Mourir, c’est lâcher tout, et même son propre corps, pour être livré totalement à Dieu dans la lumière de la vision.

Il y aurait donc un moyen bien simple d’apprendre à mourir : ce serait de nous exercer chaque jour à lâcher quelque chose pour nous livrer à Dieu aussi totalement qu’il est possible, dans la nuit de la foi.

Nous pourrions faire là, à peu de frais, des répétitions extrêmement utiles, acquérir un entraînement d’un prix inestimable, si nous prenions simplement conscience de la valeur de ce moment important qu’est l’entrée en oraison.


Oui, les petits enfants, s’ils ne conceptualisent pas, comprennent beaucoup plus de choses que les adultes ne croient ; il faut surtout faire attention – car leur vocabulaire est restreint – à n’employer que des mots qu’ils connaissent. Et alors ils comprennent très bien et leur intuition des choses de Dieu va infiniment plus loin que les mots. Et ils mettent en pratique avec une générosité qui nous confond.

Elle avait bien compris, cette petite fille de six ans qui était restée plus de deux heures de suite à la chapelle : « Tu as prié tout le temps ? – J’ai commencé par dire ma prière. Et puis quand j’ai eu fini, je me suis tue pour laisser le Bon Dieu travailler dans mon cœur. »