Cette culture fondamentalement nihiliste en ce qu’elle interdit aux individus et aux sociétés la recherche des vérités spirituelles repose sur une supercherie. La tolérance relativiste voudrait être la solution au problème de la paix entre les cultures. Or, il n’en est rien ! La tolérance relativiste cherche, au contraire, à imposer certaines notions philosophiques des plus discutables et considérées comme sans intérêt par la grande tradition philosophique (Aristote, Platon, Augustin, Thomas d’Aquin, Kant, Hegel). En effet, quiconque ose remettre en question le relativisme et l’arbitraire individuel présentés comme l’horizon indépassable de la raison humaine est taxé d’intolérant et aussitôt « excommunié » par le Léviathan médiatique. C’est ainsi que, prétendant libérer l’individu de la pression sociale autrefois exercée par le christianisme, le politiquement correct ne fait qu’accroître cette pression sans qu’il y ait une quelconque régulation.


Le pacifisme ne consiste pas seulement à défiler avec des banderoles en éructant des slogans. Il se manifeste aussi par un refus de se donner les moyens de préparer la guerre correctement. Nos dirigeants doivent donc prendre conscience que la préservation de la paix ne peut se limiter à des incantations s’ils ne veulent pas rééditer mai 1940.

A l’inverse, le bellicisme sous couvert des droits de l’homme et de démocratie et l’appui des médias ne sauraient constituer une politique digne de ce nom. Promettre la paix universelle tout en semant ruines et destructions, c’est à la fois se renier sur le plan moral et se détruire sur le plan politique ; l’Histoire nous l’a montré à maintes reprises.


Il est faux de dire que les Lumières et la démocratie ont inventé la dignité humaine. Les Lumières et la démocratie ont en réalité exalté la dignité humaine pour mieux nier son origine divine. Ces utopies ont créé une dignité humaine matérialiste, dénuée de toute transcendance et dont la conséquence ultime que nous voyons aujourd’hui est le nihilisme. Dans une perspective chrétienne, la dignité humaine conçue par rapport à Dieu donne tout son sens à la notion de sacrifice : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime. » (Rm 13, 8-10).

Ainsi, la dignité humaine ne saurait signifier la prédominance de nos aspirations individuelles et de nos passions sur le bien commun, prédominance qui n’est rien d’autre que tyrannie.