Être aimé d’une mère, d’une sœur, d’une âme créée, est si doux ! Nous le sentons avec tant d’attendrissement ! Qu’est-ce que d’être aimé de Dieu ?… Être aimé, chose si suave… de Dieu, l’amabilité infinie… et avec une telle chaleur dont nul amour créé ne peut donner la moindre idée… Ah ! demandons à Dieu de défaillir à la pensée de Son amour, demandons-Lui de nous perdre, de nous noyer avec délices dans cette pensée que Dieu nous aime ; demandons-Lui surtout de L’aimer, de Lui rendre, autant que nous le pouvons, amour pour amour, : notre amour n’approchera jamais de celui qu’Il a pour nous : demandons-Lui du moins de Lui donner tout celui dont nous sommes capables… Disons-Lui : « Nous vous aimons, augmentez notre amour ! »

Soyons aussi reconnaissants de Son amour en vivant dans la joie : nous aimons, nous nous savons aimés de notre Bien-Aimé, et nous serions tristes ! Oh ! non, ce n’est pas compatible. On est toujours heureux quand on se sent aimé de celui qu’on aime. Si la tristesse nous effleure, nous tente, regardons Jésus et disons-nous : « Jésus m’aime, Jésus m’aime, » mon bonheur est infini, je suis heureux sans mesure puisque vous m’aimez, mon Bien-Aimé, mon Tout, mon seul bien ! Que m’importe tout le reste, puisque je vous aime et que vous m’aimez ! Malheureux quand vous m’aimez ! Non jamais, je suis heureux et heureux sans fin, heureux à vouloir mourir de bonheur, à défaillir de bonheur, moi que vous aimez, ô bien-aimé de mon cœur ! Je vous demande une seule chose, que mon âme soit une épouse reconnaissante et fidèle, en vous aimant, vous plaisant et vous glorifiant le plus que je puis, ô mon Epoux qui m’aimez !


Il y a deux manières de prier : laisser crier le cœur, le laisser demander à Dieu avec une simplicité d’enfant ce qu’il désire, telle grâce pour lui ou pour un autre, le soulagement de telle douleur pour soi ou pour le prochain ; on pousse en toute simplicité ce cri vers le Père céleste et on le fait suivre toujours de ce mot : « Toutefois non ma volonté, mais la vôtre… » L’autre manière de prier, c’est de dire simplement le mot de la fin, c’est-à-dire : « Mon Père, que votre volonté se fasse en ceci, quelle qu’elle soit ! » Ces deux prières sont parfaites, divines ; Jésus nous donne l’exemple, de la première au bord du Cédron (Jn, 17) et à Gethsémani ; Il nous donne l’exemple de la seconde dans le Pater. L’une et l’autre sont également parfaites, divines. Ne nous attachons donc spécialement ni à l’une ni à l’autre de ces deux formes… Servons-nous tantôt de l’une, tantôt de l’autre, alors que le Saint-Esprit nous l’inspirera.