Quitter la politique, c’est en quelque sorte revenir sur terre. C’est retrouver la vraie vie. Car le monde politique, le « microcosme », est une bulle, avec ses palais nationaux, ses rémunérations à qualification égale, ses facilités. Le quitter, c’est n’être plus autant considéré et invité, ne plus se sentir aussi entouré, aussi indispensable qu’on a pu le penser. C’est rompre avec ce sentiment d’exaltation dans lequel on a vécu en permanence, celui de faire l’actualité, un peu ou beaucoup, celui d’être important, voire même d’être utile. Et voila que, brutalement, on se retrouve seul face à soi-même, alors qu’on a eu l’illusion, si longtemps, de compter pour les autres.

Passer quelques années en politique, c’est brièvement attirer les critiques, se démarquer de la neutralité qui prévaut dans une carrière professionnelle plus classique, c’est afficher des préférences dans des différences, bref, c’est souvent déplaire. C’est être jugé en permanence et surtout être suspect aux yeux des uns et encombrant aux yeux des autres.

Renoncer à la politique, c’est se condamner à affronter cette hostilité accumulée sans ne plus bénéficier d’aucune protection. C’est peu dire qu’alors votre personnage et votre histoire même vous échappent. Vous les entendez souvent décrits ou racontés d’une manière erronée sans avoir le moyen de corriger ou protester…

Quitter la politique, c’est vivre tous ces risques.